DPGF, BPU, DQE : décomposer son prix avec un exemple chiffré

La différence entre DPGF, BPU et DQE, ce qui vous engage dans chacun, et un exemple chiffré sur un lot de maçonnerie, du déboursé sec au prix de vente.

Publié le 5 min de lecture
Un grand tableau de prix déroulé sur une table de chantier, quelques cellules surlignées en orange, une calculatrice, un crayon, trois blocs de couleur empilés et un casque jaune.
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  1. En bref : trois documents, trois façons d'être payé
  2. 1. Trois documents, trois logiques
  3. 2. Chaque document en détail
  4. 3. Exemple chiffré : un lot de maçonnerie
  5. 4. Où va l'argent du lot
  6. 5. Les erreurs qui coûtent cher
  7. 6. Remplir le cadre plus vite, sans erreur de report
  8. Questions fréquentes
  9. Passez à l'action
  10. Appels d'offres en cours

En bref : trois documents, trois façons d'être payé

  • DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) : vous vous engagez sur un prix total ferme pour un ouvrage défini. La décomposition explique ce prix ; vous êtes payé le forfait, quelles que soient les quantités réelles.
  • BPU (bordereau des prix unitaires) : vous vous engagez sur un prix par unité (m², ml, unité). Vous êtes payé selon les quantités réellement exécutées.
  • DQE (détail quantitatif estimatif) : il multiplie les quantités estimées par l'acheteur par vos prix du BPU. Il sert à comparer les offres, pas à vous payer.

Dans les trois cas, la règle de base est la même : remplissez le cadre fourni par l'acheteur sans en modifier les lignes, les unités ni les quantités. Une offre qui modifie le cadre peut être jugée irrégulière.

Ce guide explique ce qui vous engage dans chaque document, les pièges, et déroule un exemple chiffré complet sur un lot de maçonnerie.

1. Trois documents, trois logiques

DPGF, BPU, DQE

Ce qui vous engage et ce qui vous paie

DPGFBPUDQE
Ce qui vous engageLe prix globalChaque prix unitaireRien : c'est une simulation
Comment vous êtes payéLe forfait, quelles que soient les quantitésSelon les quantités réellement exécutées—
À quoi il sertComparer les offres poste par poste, payer les acomptesFixer vos prixComparer et noter les offres
Marché typeTravaux définis, prix forfaitaireAccords-cadres à bons de commande, entretienAccompagne le BPU
Le BPU et le DQE vont ensemble : le premier fixe vos prix, le second simule le montant pour la notation. La DPGF, elle, vit seule, dans un marché à prix forfaitaire.

2. Chaque document en détail

La DPGF : un forfait décomposé

On la trouve dans les marchés de travaux à prix global et forfaitaire : construction, réhabilitation, lots d'un ouvrage bien défini. Le maître d'œuvre fournit un cadre avec les postes, les unités et souvent des quantités.

  • Ce qui vous engage : le prix global. Le plus souvent, les quantités de la DPGF sont indicatives et c'est à vous de les vérifier : une erreur de quantité non signalée reste en général à votre charge. Le CCAP précise le statut exact de la DPGF : lisez-le.
  • Le piège : chiffrer les quantités fournies sans les contrôler sur les plans. Si un poste vous semble sous-estimé, posez la question avant la date limite.
  • À quoi sert la décomposition : comparer les offres poste par poste, détecter un prix anormal, et payer les acomptes selon l'avancement.

Le BPU : un prix par unité

On le trouve dans les marchés à prix unitaires, et surtout dans les accords-cadres à bons de commande : entretien, petits travaux récurrents, voirie.

  • Ce qui vous engage : chaque prix unitaire, pour toute la durée du marché (sous réserve de la révision des prix prévue).
  • Le piège : un prix unitaire calculé pour une grosse quantité, appliqué ensuite à des bons de commande de quelques m². Intégrez les frais de déplacement et d'installation dans vos prix, ou vérifiez si le BPU prévoit une ligne dédiée.

Le DQE : la simulation qui sert à noter

Il reprend les lignes du BPU avec des quantités estimées par l'acheteur. Le total sert à noter votre prix et à comparer les offres (voir comment le prix est noté dans notre article sur les critères d'attribution).

  • Ce qui vous engage : vos prix unitaires, pas les quantités du DQE, qui ne sont qu'une estimation.
  • Le piège : jouer sur les quantités. Baisser fortement les prix des lignes à grosses quantités et monter les autres fait baisser le total du DQE, mais peut être repéré comme une offre déséquilibrée, ou vous coûter cher si les quantités réelles diffèrent.
  • En cas d'incohérence entre BPU et DQE (erreur de calcul), le RC précise en général que les prix du BPU font foi et que le DQE est rectifié. Relisez votre DQE avant le dépôt.

3. Exemple chiffré : un lot de maçonnerie

Le cas (fictif) : un lot gros œuvre pour l'extension d'un local communal, en DPGF. Les chiffres sont des hypothèses d'exemple ; seule la méthode compte.

Étape 1 : le déboursé sec, ligne par ligne

Le déboursé sec, c'est ce que vous coûte réellement chaque unité d'ouvrage : main-d'œuvre (heures × taux chargé), matériaux (avec les pertes) et matériel (location, carburant).

Étape 2 : le coefficient de vente

Pour passer au prix de vente, on applique un coefficient qui couvre les frais généraux de l'entreprise (bureau, véhicules, assurances, encadrement, temps de réponse aux AO) et la marge. Dans l'exemple : frais généraux de 24 % et marge de 8 % du déboursé sec, soit un coefficient de 1,32.

Prix unitaire de vente=déboursé sec unitaire × (1 + frais généraux + marge) = déboursé sec × 1,32

Étape 3 : la DPGF remplie

PosteUnitéQuantitéDéboursé sec unitairePrix unitaire de venteTotal HT
Installation de chantierFt12 400,00 €3 168,00 €3 168,00 €
Démolition de maçonneriem³1295,00 €125,40 €1 504,80 €
Béton de fondationsm³18210,00 €277,20 €4 989,60 €
Murs en blocs béton de 20 cmm²14048,00 €63,36 €8 870,40 €
Enduit monocouchem²16026,00 €34,32 €5 491,20 €
Total HT du lot24 024,00 €

Ce total HT est celui qui figure dans l'acte d'engagement. Vérifiez que les deux montants sont strictement identiques avant le dépôt.

Télécharger la trame de DPGFCoefficient de vente paramétrable et contrôle automatique du total avec l'acte d'engagement.

4. Où va l'argent du lot

Où va l'argent du lot

Calculé à partir de l'exemple · lot de maçonnerie fictif de 24 024 € HT, coefficient de vente 1,32

  • Déboursé secmain-d'œuvre, matériaux, matériel18 200 €
  • Frais généraux24 % du déboursé sec4 368 €
  • Marge8 % du déboursé sec1 456 €
Les deux barres en couleur sont celles qu'on oublie le plus souvent en baissant un prix pour gagner : réduire le coefficient, c'est entamer d'abord la marge, puis les frais généraux, qui eux continuent de courir.

5. Les erreurs qui coûtent cher

  1. Modifier le cadre. Ajouter une ligne, changer une unité ou une quantité rend votre offre difficile à comparer, voire irrégulière. Si une ligne manque, signalez-le par une question à l'acheteur, ou chiffrez-la là où le cadre le prévoit.
  2. Accepter les quantités d'une DPGF sans les vérifier. En forfait, l'erreur de quantité est en général pour vous. Contrôlez au moins les postes les plus lourds sur les plans.
  3. Oublier l'installation de chantier et les frais de déplacement. S'ils n'ont pas de ligne dédiée, ils doivent être répartis dans vos prix unitaires.
  4. Appliquer un coefficient de vente au doigt mouillé. Calculez vos frais généraux réels une fois par an avec votre comptable : c'est votre plancher.
  5. Déséquilibrer volontairement le DQE. Un prix très bas sur les grosses quantités pour baisser le total peut déclencher une demande de justification pour offre anormalement basse.
  6. Laisser une incohérence entre la DPGF et l'acte d'engagement. Un total différent ou une erreur d'arrondi oblige l'acheteur à interpréter votre offre, et le RC peut décider pour vous laquelle des deux pièces prévaut.
  7. Mélanger HT et TTC. Tous les cadres de prix se remplissent en HT, sauf mention contraire du RC.

6. Remplir le cadre plus vite, sans erreur de report

L'application Vision repère dans le dossier le type de cadre de prix (DPGF, BPU, DQE) et le reprend tel quel. Vous y saisissez vos déboursés secs et votre coefficient, et les totaux, la cohérence avec l'acte d'engagement et les arrondis sont vérifiés avant le dépôt. Le chiffrage lui-même reste le vôtre.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre BPU et DQE ?

Le BPU donne vos prix unitaires, qui vous engagent. Le DQE multiplie ces prix par des quantités estimées par l'acheteur pour comparer les offres ; ses quantités ne vous engagent pas.

La DPGF est-elle contractuelle ?

Le prix global l'est. Le statut de la décomposition et des quantités dépend du marché : le CCAP précise si la DPGF est une pièce contractuelle et à quoi elle sert (acomptes, travaux modificatifs).

Comment calculer son coefficient de vente ?

Additionnez vos frais généraux annuels, divisez-les par votre déboursé sec annuel, ajoutez la marge visée. Votre comptable peut vous donner ces chiffres à partir de votre dernier bilan.

Que faire si le cadre de prix contient une erreur ?

Posez la question à l'acheteur par la plateforme, avant la date limite des questions. Ne corrigez pas le cadre vous-même.

Passez à l'action

Appels d'offres en cours

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